CONSTAT :

Les femmes créatrices sont plus nombreuses à diriger des TPE que des PME : seulement 12 % de femmes figurent parmi les chefs d’entreprise de plus de 50 salariés. Elles créent des entreprises plus qu’elles n’en reprennent, 58 % de créations pour 42 % de reprises.

Plus diplômées ; les femmes sont cependant moins bien formées que les hommes aux techniques de gestion et de finances, conséquence d’une formation initiale trop ciblée sur les filières généralistes, ce qui peut avoir des conséquences sur la pérennité de leurs entreprises.

patronne et cadre50 % des entreprises sont situées dans le secteur tertiaire; les secteurs privilégiés étant le commerce et les services aux personnes. À cet égard, on peut rappeler que les professionnels de certains secteurs comme le BTP souhaitent une féminisation plus importante de leurs professions, les organisations professionnelles menant régulièrement des actions de sensibilisation à ce sujet.

Près de la moitié de ces créatrices ne bénéficient d’aucun accompagnement.

L’envergure financière de leurs projets est moins grande. Seules 28 % des femmes font appel au crédit bancaire, alors que 46 % d’entre elles créent leur entreprise avec moins de 7 600 euros.

Le taux de survie des entreprises créées par des femmes au bout de trois ans est de cinq points de moins que pour celles créées par leurs homologues masculins (une partie de l’écart s’explique d’ailleurs par la plus petite taille des entreprises).

Attention les chiffres de pérennité sont à prendre avec des pincettes. Le fait qu’une entreprise cesse sont activité ne signifie pas qu’elle ait fait faillite ! L’arrêt de l’activité peut être souhaité.

D’après Thomas Legrain, dirigeant du cabinet TL conseil, 30% des entreprises dirigées par des hommes sont défaillantes au bout de trois ans, contre 20% lorsqu’elles le sont pas des femmes.

Les entreprises personnelles créées par des femmes sont de plus petite taille (0,65 salariés contre 1,06) et génèrent un chiffre d’affaires moindre que celles créées par des hommes. En effet, cinq ans après leur création, le chiffre d’affaires médian des entreprises créées par des femmes (53 900 €) est très inférieur à celui des entreprises créées par des hommes (93 700 €). Cinq ans également après leur création, 63 % des entreprises créées par des femmes ne comptent aucun salarié, contre 53 % pour les entreprises créées par des hommes.

11 mars 2008 - L'entrepreneuriat féminin - Clôture par Hervé Novelli du colloque organisé par l'association Paris Pionnières

 

Chez nos voisins :


48 % des chefs d’entreprise sont des femmes aux États-Unis, premier pays à avoir mis en place, dans les années 1970, une politique volontariste pour mettre fin aux discriminations en matière d’obtention de financements et de coût des crédits. Avec une moyenne de 25 %, l’Europe est en retard, dans les pays latins comme dans les pays anglo-saxons : 22,5 % de femmes chefs d’entreprise en Italie, 25 % en Grande-Bretagne. Pour une fois nos amis allemands ne font pas mieux que nous avec 1,2 million de chefs d’entreprise individuelle femmes sur un total de 4 millions.

Question :

On souligne souvent que les femmes ne sont pas assez présentes dans les secteurs « masculins » comme le BTP, d’autre part il n’y a pas beaucoup d’hommes dans la coiffure ou dans l’esthétique.

Y a-t-il un intérêt pour les femmes à créer dans ces secteurs ?

Les secteurs porteurs, qui génèrent le plus de chiffre d’affaire sont-ils plutôt masculins ?